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Le Moyen Orient dans le viseur

Dossier
1 min
13/12/2017
Routes
Avec l’acquisition de la société Tarmac Middle East fin 2015, Colas s’est implanté dans les pays du Golfe. Récit d’une intégration réussie.
Ludmilla Intravaia
La journée de travail bat son plein, dans la centrale d’enrobage de Jebel Ali, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de la ville de Dubaï. Sous la supervision d’Edwin Manapat Cruz, le contremaître philippin, un chargement de “wet mix”, mélange de granulats, de sable et d’eau, part pour le chantier proche d’Al Nasir, où Colas Moyen-Orient participe à la construction d’une route pour l’état fédéral des Émirats arabes unis. Depuis son pupitre, Robin Raj Rajprabha, l’opérateur indien de la salle de contrôle, donne des instructions au conducteur d’un camion qui charge l’enrobé à livrer pour l’élargissement de l’artère Al Awir, à l’est de Dubaï.
Nous avons intégré un groupe professionnel bien organisé et bien géré, c’est motivant.
Haider Abbas Gmice
ingénieur
Le poste d’enrobage de Jebel Ali fait partie des dix usines de la société britannique Tarmac Middle East, acquise par Colas fin 2015. Présente depuis 40 ans aux Émirats arabes unis, à Oman et plus récemment au Qatar, l’entité a cumulé les références dans la construction de routes, autoroutes, pistes d’aéroport, circuits automobiles mais aussi de plateformes portuaires ou industrielles. L’acquisition a également porté sur deux carrières d’extraction et de traitement de roche (lire l’interview).
Moyen-Orient
PASSAGE DE FLAMBEAU
Après 17 ans au service de Tarmac, Sanjay Kumar Sharma, le responsable indien des quatre centrales et des ateliers aux Émirats, se félicite de « l’intégration réussie » entre les anciennes équipes et le management de Colas : « Regardez notre nouveau matériel orange, dans le parking. Il fait partie des équipements modernes dans lesquels Colas a investi. » Sur le chantier de la route Al Awir, Haider Abbas Gmice, ingénieur pakistanais de 26 ans, orchestre le ballet des opérations de mise en œuvre d’enrobés, dont Colas Moyen-Orient est en charge. Depuis le début de l’année, l’entreprise a déjà réalisé quelque 360 km de voies, tant en milieu urbain que dans le désert. Ici, une équipe est attelée au compactage de l’enrobé sur une section de la chaussée. Là, un contremaître vérifie le carnet d’inspection du conducteur d’un compacteur. Si les 28°C de ce mois de mars sont cléments pour des compagnons habitués à travailler sous des températures pouvant atteindre 50°C en été, les hommes s’hydratent régulièrement, l’une des règles d’or de la sécurité chez Colas Moyen-Orient (lire l’encadré).
Le saviez-vous ?
La sécurité avant tout Chez Colas Moyen-Orient, on ne transige pas avec la sécurité. Les bonnes pratiques sont clairement expliquées aux collaborateurs, sous forme de dix règles d’or que chacun s’engage à respecter. Chaque personne porte sur elle une carte “Stop”, lui permettant d’interrompre, à tout moment, une activité non conforme à ces règles. « Elle a la forme d’une carte de crédit, facile à glisser dans sa poche, sur les chantiers », explique Craig Streak, responsable Sécurité, santé et environnement. Si elle ne distribue pas d’argent, elle fait mieux : elle sauve des vies ! »
ENTREPRISE MULTICURELLE
« Nous avons intégré un groupe professionnel, bien organisé et bien géré. C’est motivant », observe Haider. « D’autant plus que Colas est porteur d’innovation dans la région », ajoute Félix Armanet, jeune diplômé français de 25 ans, affecté au montage de la nouvelle usine d’émulsions à Oman. Grâce à cette unité seront produits des enrobés phoniques, à adhérence élevée, à caractère esthétique – toute une gamme de produits Colas spécifiques. Indiens, Philippins, Pakistanais, Libanais, Français, Britanniques, Népalais... Colas Moyen-Orient est riche d’une trentaine de nationalités différentes. La carrière de Shawkah, à 80 kilomètres à l’est de Dubaï, en est l’illustration. Toutes les origines, langues et confessions s’y côtoient, sur les sites de production, à l’atelier de réparation des engins, à la cantine, autour d’un déjeuner de poisson grillé et de lentilles dhal, et dans la base vie, où séjournent les expatriés.
Le saviez-vous ?
Tarmac a participé à plusieurs projets iconiques, tels l’archipel artificiel de Palm Jumeirah, à Dubaï, et le circuit de Formule 1 de la marina de Yas Island, à Abu Dhabi
UN MANAGEMENT ATTENTIF
D’ici à la fin 2017, ce campement sera réaménagé, comme le seront, à terme, les autres lieux de vie de l’entreprise. Colas est soucieux du confort et du bien-être de ses collaborateurs. « Le management nous écoute et s’intéresse à nous, à nos conditions de travail et de sécurité », souligne Shanmugan Marimuthu, responsable de production de la carrière. « Et nous sommes fiers de nos six années sans accidents sur ce site exploité 24h sur 24 », enchérit Craig Streak, le responsable sécurité de Colas Moyen-Orient. « Quand je suis arrivé ici, j’ai planté cet arbre, conclut Sanjay, en pointant du doigt un solide figuier, prospérant dans la cour de l’usine de Jebel Ali. Un autre a poussé juste à côté et je me réjouis de les voir grandir ensemble. » Comme un symbole.
Un marché très dynamique pour le génie civil
Paul-Henri Aumont Directeur général de Colas au Moyen-Orient
3 questions au Directeur général de Colas au Moyen-Orient
À quels objectifs a répondu l’acquisition de Tarmac Middle East ?

Cette acquisition s’inscrit dans une volonté d’implantation au Moyen-Orient, un marché très dynamique pour le génie civil et les infrastructures. Il est plus aisé de s’appuyer sur un acteur existant pour se développer dans ces pays très compétitifs. Sur ces marchés où nous sommes désormais installés – Émirats arabes unis, Qatar et Oman –, le potentiel commercial est intéressant, sans compter que Colas Moyen-Orient est une tête de pont idéale pour saisir les opportunités de croissance externe dans les pays environnants.

Quelles actions avez-vous engagées ?

Outre le changement de nom de Tarmac vers Colas et le rebranding des équipements à nos couleurs, nous avons veillé à maintenir la rentabilité de notre marché de niche à Abu Dhabi et à développer celle de Dubaï et des Émirats du Nord. Nous avons restructuré la vente de granulats de la carrière de Shawkah et favorisé les synergies entre les entités, les pays et le groupe Bouygues.

Quel bilan tirez-vous de cette acquisition ?

C’est une acquisition prometteuse, au cœur du métier de Colas. Nos équipes sont motivées par l’envie de conquérir d’autres marchés, par exemple dans le Nord du Qatar, dans la ville de Salalah et le port de Duqm à Oman, voire à terme en Arabie Saoudite ou en Iran. Nous avons réalisé une première bonne année.