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Jeu complexe à Macao

Reportage
5 min
07/02/2018
MORPHEUS, DU RÊVE À LA RÉALITÉ
Bouygues Construction réalise dans la cité chinoise un hôtel-casino 6 étoiles au design unique : une tour, habillée d’un exosquelette et percée de trois vides. Une gageure architecturale et technique.
La tour est encore en construction mais elle se démarque déjà par son imposante carrure et son design avant-gardiste sur le Cotai Strip, le boulevard de jeu de Macao. Morpheus, hôtel-casino 6 étoiles, dont les échafaudages laissent entrevoir la saisissante ossature métallique, fait figure de joyau au sein du complexe de divertissement qui l’accueille, la City of Dreams. Signe de la célèbre architecte Zaha Hadid, le bâtiment est maillé d’un exosquelette et percé de trois vides, en son centre.
Le saviez-vous ?

Citée des rêves

L’hôtel Morpheus fait partie du complexe City of Dreams, un lieu de divertissement proposant des spectacles et des animations, dont le plus grand show aquatique du monde, trois hôtels-casinos dédiés au jeu, des restaurants et des boutiques de luxe.

« L’une des spécificités de la tour est cet exosquelette structurel en acier, extérieur et porteur de ses planchers, note Denis Averlan, directeur du projet et directeur des Opérations Bâtiments de Dragages Hong Kong et de Dragages Macau, les deux filiales de Bouygues Construction engagées sur le chantier. La façade se trouvant derrière cette structure métallique, il faut la traverser pour rejoindre les noyaux en béton, ce qui complexifie notre tâche. »

Un casse-tête, d’autant que l’exosquelette est unique, son maillage nulle part identique, comme l’explique Chung Yiu Ho, directeur projet adjoint : « Dans l’exosquelette, rien n’étant droit, il fallait s’assurer que sa fabrication soit conforme aux plans pour que son installation soit parfaite. Rien que pour la construction de la structure métallique, nous avons réalisé plus de 26 000 plans. »

Au coeur des vides

Dans la partie centrale du bâtiment, l’exosquelette se tord, se scinde, se ramifie, créant trois vides. Pour soutenir ces courbes d’acier, une structure temporaire a été installée. D’où cette vision d’un enchevêtrement de poutres métalliques, sorte de toile d’araignée géante, sur laquelle évoluent les équipes du chantier.
791 chambres,
suite et villas
160 mètres de haut, soit
39 étages
+ 1 terrasse sur le toit
28 000
tonnes d’acier,
4 x le poids de la tour Eiffel
150 500 m2
de surface de plancher
Le saviez-vous ?

ZAHA HADID,
ARCHITECTE DE L’IMPOSSIBLE

Née en 1950 à Bagdad, l’architecte Zaha Hadid est une figure du mouvement déconstructiviste, soucieuse de repenser la géométrie des bâtiments pour remettre en question les canons architecturaux classique. Décédée en 2016, elle fut la première femme à obtenir le prestigieux prix Pritzker en 2004. Elle compte parmi ses réalisations emblématiques l’opéra de Canton, le musée national des arts du XXIe siècle à Rome ou encore la piscine des Jeux olympiques de Londres.

Une fois les éléments de l’exosquelette complètement reliés entre eux, deux étapes ont été nécessaires : en premier lieu, le dévérinage, opération au cours de laquelle les appuis provisoires des nœuds de l’exosquelette ont été retirés, afin de lui donner sa configuration finale. « De mars à septembre derniers, l’exosquelette qui entoure les trois vides a été déconnecté avec succès de ses supports. Nous procédons maintenant à la seconde étape, le démontage de la structure temporaire », pointe Paul Liu, directeur projet adjoint en charge de la structure métallique. Ici, un collaborateur découpe l’acier au chalumeau. Là, son collègue évacue les poutrelles désormais inutiles.

« Il est d’autant plus important de la démonter rapidement qu’elle obstrue le passage pour la pose de vitrages de la partie centrale », indique Dan Alfassi, ingénieur structure métallique. En l’occurrence 242 vitres triangulaires, aux châssis de différentes dimensions, destinés à être posés sur l’exosquelette. Tant que les façades n’ont pas été installées, le revêtement de l’exosquelette, son habillage en aluminium, est, lui aussi, impossible.

La 3D à l'oeuvre

Toutes ces activités étant intimement liées, le Bim (Building Information Modeling ou modélisation des données du bâtiment) s’est révélé indispensable. Depuis son bureau de chantier, Étienne Fayette, en charge du Bim, visualise, d’un clic de souris, un modèle 3D de la partie centrale de la tour. « Nous avons conçu une visualisation 3D des points d’achoppements et des obstructions entre l’exosquelette, la structure provisoire, les façades et les échafaudages pour anticiper les problèmes éventuels, lors des travaux », détaille le responsable de la conception. Dans la cité dédiée au jeu, Bouygues n’a laissé aucun détail au hasard. Sunny Li, responsable Travaux, acquiesce : « Le succès d’une telle entreprise n’est possible que si nous travaillons main dans la main, en totale coordination. »

Le saviez-vous ?
La tour ne dispose d’aucun étage comportant le nombre 13, censé porter malheur pour les Occidentaux, et le chiffre 4 (4,14,24,34), assimilé à la mort en Asie de l’Est.
#BOUYGUESINSIDE
No Comment : hôtel Morpheus à Macao

La nuit va bientôt tomber sur la tour. Les premiers compagnons quittent le chantier. Le béton des plateaux des derniers étages vient d’être coulé. Sur la terrasse, les flammèches des soudeurs installant les ultimes éléments de l’exosquelette brillent dans le ciel de Macao. La tour est presque terminée mais l’hôtel Morpheus attend patiemment son heure. Il ouvrira ses portes en 2018.

Dragages Macau a mis en œuvre snagR, un programme pilote sur appareils mobiles
qui permet de récolter, stocker, vérifier et partager des données QSE.
Une innovation récompensée au Concours de sécurité du BTP, à Macao.