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LA RÉDACTION DE TF1 FACE AU VIRUSInformer en temps de crise

Reportage
4 min
22/12/2020

FRANCE

Fidèles à l’identité de la chaîne, les équipes rédactionnelles du groupe TF1 ont tenu informés les Français tout au long de la crise. Le travail fourni dans une configuration inédite et à un rythme colossal a rencontré des audiences exceptionnelles.
Par Isabelle Godar
workers in meeting wearing masks

MOINS D’EFFECTIF, PLUS DE TRAVAIL

man working at computer
30%
des effectifs présents au siège au plus fort du confinement

Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le 3 juin 2020. Alors que le déconfinement s’opère progressivement dans toute la France, la tour de TF1 abrite une rédaction totalement réorganisée, à la fois éreintée et galvanisée par la situation. Depuis le mois de mars, tous les services à l’œuvre pour fabriquer les journaux de TF1 et LCI ou alimenter les plateformes digitales ont été confrontés à de nouvelles manières de travailler, doublées d’une cadence infernale. Les régies, qui rassemblent habituellement une vingtaine de personnes, ont dû fonctionner avec quelques techniciens en moins. Les présentateurs ont appris à s’équiper eux-mêmes de leur micro, et la réalisation, amputée d’une caméra en plateau, s’est simplifiée.

Avec seulement 30 % des effectifs présents au siège au plus fort du confinement, les équipes sont malgré tout parvenues à produire des journaux télévisés en moyenne deux fois plus longs qu’à la normale. Infographistes et monteurs ont continué à fabriquer et à monter les images des différents programmes... de chez eux, une première dans l’histoire de TF1.

woman writing on tablet

L’ADAPTATION POUR TOUS

Olivier Ravanello, directeur adjoint en charge de la Stratégie et de l’information digitale, a été épaté par l’efficacité de ses équipes, qui ont continué d’alimenter les supports dans ces conditions inédites : “Certains de nos journalistes écrivaient leurs articles pendant que leurs enfants jouaient au foot dans le salon !”. Autrefois inenvisageable, le recours aux outils de visioconférence pour conduire des interviews s’est généralisé.

À tel point que des salles ont été spécifiquement aménagées pour suivre la cadence : “Les journalistes faisaient la queue, on menait jusqu’a 25 interviews via Skype par jour”, raconte Florence Demigny, responsable de la cellule Transformation de l’information.

Des abonnements pour la location des espaces de bureaux et un accès aux afterworks mensuels sont proposés.

À ces paramètres techniques s’est ajouté un travail de recherche, piloté par Charlotte Delaleu, pour compléter le carnet d’adresses des responsables de la programmation. À l’antenne, les économistes et les politologues ont laissé place aux médecins, urgentistes et épidémiologistes.

portrait florence
Florence Demigny
Journaliste
people talking
Thierry Thuillier
Directeur de l’information

L’IMPORTANCE DES REPORTAGES ENCADRÉS

Sur le terrain, une dizaine des binômes constitués de journalistes-rédacteurs et de JRI (journalistes reporters d’images) ont été constitués, avec pour consigne l’interdiction de repasser par la tour TF1. Installés dans des appart’hôtels, ils ont permis de documenter la crise, en limitant les risques sanitaires pour le reste de la rédaction.

Pour le directeur de l’information Thierry Thuillier, leur rôle et celui des correspondants en régions a été essentiel :

“Grâce à eux, nos journaux télévisés pourtant deux fois plus longs que d’habitude étaient constitués à 80 % de reportages, pour 20 % de plateau, quand nos concurrents faisaient du 50/50”.

quote
Thierry Thuillier
Directeur de l’information
“Je constate un attachement à l’entreprise, qui a su protéger ses salariés et leur donner les moyens de travailler en toute sécurité. Cette confiance a rejailli sur le moral de chacun et nous avons pu assurer une qualité d’antenne remarquable. Tout est lié !”
man filming

3 questions à…

Anne-Claire Coudray, journaliste qui a présenté les JT du week-end sur TF1 pendant tout le premier confinement

Comment fabriquer un journal, parfois deux fois plus long, dans des conditions si particulières ?

Je pense que le journalisme a été l’une des professions les mieux préparées à ce genre d’événement. L’adaptation est constitutive de notre métier. Je suis fière qu’on ait réussi à s’adapter en permanence à quelque chose qui nous dépasse et que personne n’a vu venir. Et que nous ayons pu construire les JT, semaine après semaine, de façon exhaustive, et offrir aux Français une information utile, qui les aide au quotidien.

Comment penser un journal quand l’épidémie de Covid-19 éclipse tout le reste ?

Il a fallu bien sûr se renouveler, adapter nos formats. Mais c’est surtout la formidable capacité d’adaptation, dans tous les domaines, qui nous a nourris. Face à l'inquiétude d’un pays qui s’arrête, beaucoup de Français ont été pragmatiques et ont lancé de nombreuses initiatives. Ils avaient envie de partager, de témoigner et nous avons tenu à leur donner la parole. On a aussi vu des entreprises en apparence rigides faire preuve de souplesse et s’adapter très vite ; de telles expériences ont fait l’objet de reportages dans nos JT.

Quel a été selon vous le rôle du journal télévisé pendant cette crise ?

Comme d’habitude, notre rôle a été d’informer, de décrypter. Mais on a eu aussi cette responsabilité d’éclairer nos téléspectateurs sur les mesures gouvernementales, sur les raisons du confinement. Il a fallu expliquer pas à pas, donner du sens à ce qui, au départ, a pu nous sembler absurde. En allant voir les services de réanimation surchargés, en faisant témoigner les soignants, on illustrait la menace ; le reportage est une grande force dans ces moments-là. La puissance des images aide à mieux comprendre ce qui est en train de se passer.

Crédit photos Frédéric Berthet