Restaurations des décors intérieurs

Présentation des décors intérieurs

Derrière la façade sur la place, au premier étage, deux salons et une galerie retiennent l’attention. Séparés en 1843, le salon des amiraux et le salon d’honneur formaient la galerie des Grands Meubles éclairée par 7 fenêtres donnant de plain-pied sur la terrasse de la loggia.

Le salon des amiraux
Il possède un décor consacré aux grandes figures de la marine. A la manière d’une galerie, les deux portes-fenêtres à glace font vis-à-vis à celles donnant directement sur la colonnade. Les trumeaux sont décorés par des portraits de grands marins (Jean Bart, Duquesne, Tourville et Duguay-Trouin) soulignés par des consoles Napoléon III.

Le salon d’honneur
Le décor du XVIIIe siècle n’a presque pas subsisté à l’exception des vantaux des portes des extrémités, d’une partie de la corniche du plafond et ses acanthes en rosaces. L’état actuel date de la fin du XIXe siècle avec six autres marins peints en médaillons (Suffren, du Couëdic, Latouche Tréville, Bougainville, Forbin et La Pérouse).

La galerie dorée
Elle dessert les salons côté cour. Elle abritait au XVIIIe siècle les bronzes des collections royales. Une galerie la poursuit jusqu’au palier de l’escalier. Ces galeries forment un décor cohérent avec le salon d’honneur et le salon des amiraux.

Les travaux de restauration

Le diagnostic posé par les restaurateurs montrait que les décors des salons et galeries attenant au péristyle présentaient de nombreux désordres. La pollution avait dénaturé les tonalités générales des portraits, des dorures et des faux marbres.

Les sondages ont révélé les teintes pastel des peintures d’origines, perdues sous des repeints uniformément blancs ou gris. Les vernis étaient jaunis ou oxydés. Les travaux d’électrification effectués dans les années trente et les variations de températures – les salons sont exposés plein sud- avaient fragilisé l’ensemble des boiseries entrainant des décalages et des disjointements, notamment sur les portraits peints. Les combats de la Libération ont laissé de nombreuses traces avec des lacunes, des restaurations provisoires et des fragilités notamment sur les chérubins du mur ouest.

Le salon des amirauxLe décor du salon des amiraux, éclairé par des grandes fenêtres donnant de plain pied sur le péristyle, représente un exemple unique de l’art décoratif du milieu du XIXe siècle.
L’appellation de la pièce tire son nom de quatre portraits de marins célèbres peints directement sur les boiseries : Tourville, Duguay Trouin, Duquesne et Jean Bart. Conçue comme lieu de réception pour la Marine nationale, l’architecture de cette pièce d’apparat surprend en effet, par sa remarquable unité de style conjuguée à une grande variété de motifs.

 

Le salon d'honneurLes décors du salon d’honneur, en harmonie parfaite avec ceux du salon des amiraux, les amplifient encore. Ici, les portraits d’autres marins célèbres peints sur des toiles marouflées, sont soutenus de chevaux marins en rehauts d’or. Lors de la restauration des peintures décoratives du plafond, une frise a été découverte par les restaurateurs comme dans le salon des amiraux. Entièrement déposé et remonté, le trumeau* de la cheminée en saillie présente un buste de la république au sein d’un ovale de treillage vert et or.

 

L’ensemble des consoles Louis-Philippe prenant place sous les lambris peints ont été également restaurées. Le mobilier Empire signé de Bellanger a été nouvellement recouvert en harmonie des décors peints.

La galerie doréeLa galerie dorée scandée par cinq portes et cinq fenêtres donnant sur la cour, dessert les pièces de réception de l’étage noble. Elle offre un décor beige et or avec des boiseries ornées de glaces. La dépose de certains éléments a fait apparaître l’emplacement initial des étagères des bronzes de la Couronne lorsqu’autrefois cette pièce servait de lieu d’exposition pour le Garde Meuble royal. Les caissons du plafond ont retrouvé leurs couleurs d’origine : une alternance de gris bleuté et de vert d’eau.

  

La galerie des ports de guerreLa galerie des ports de guerre (autrefois galerie des tapisseries) a fait l’objet de la plus importante opération de restauration intérieure. Une fois les lambris blanc et or ôtés, est apparu un remarquable décor présentant les noms des ports de guerre français (Brest, Cherbourg, Lorient, Toulon) sur des panneaux peints à l’imitation de bois exotiques.

Les portes présentent maintenant leurs fastueux décors dorés en bas relief sur un fond de loupe d’orme. Sur l’avis du Conseil scientifique du chantier, c’est cet état qui a été restitué, offrant ainsi le témoignage d’un spectaculaire décor fin XIXe siècle.

 


(Mise à jour : janvier 2016)