L'Hôtel de la Marine
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de Gabriel
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La construction et la vocation première du bâtiment :
le Garde-meuble royal


1748-1750
La ville de Paris demande à Louis XV l'autorisation de lui élever un monument dans la capitale, sur un site de son choix. La ville envisageait d'aménager l'espace de la Fondrière, actuellement occupé par la place de la Concorde et qui s'étend au-delà du jardin des Tuileries jusqu'aux Champs-Elysées. Un concours est lancé à cet effet, mais aucun des projets présentés par les architectes ne séduit le Roi.

Louis XV donne son accord pour que l'exploitation soit lancée et fait don lui-même à la ville de certaines parcelles et de terrains provenant de la succession du banquier John Law : ils ne sont alors pas situés dans le centre de Paris, et sont assez marécageux. Ils s'étendent au-delà des Tuileries, et ne sont pas du tout aménagés.


1753-1755
Un second concours d'aménagement est ouvert. Le surintendant des Bâtiments du roi présente dix-neuf nouveaux projets au roi, tous refusés. Louis XV choisit de confier à son premier architecte, Ange-Jacques Gabriel le soin d'agencer cette place tout en retenant les meilleurs éléments du concours.

1755
La cérémonie officielle de pose de la première pierre du piédestal de la statue royale commandée à Edme Bouchardon a lieu et, dès le mois de septembre, commencent les travaux d'aménagement de la nouvelle place du côté des Champs-Elysées actuels.
 
Le projet final de Gabriel, composé de deux corps de bâtiments séparés par une artère centrale, aujourd'hui la rue Royale, est approuvé par le roi le 9 décembre 1755.
      Le projet de 
    Gabriel pour la     place Louis XV
 


1758
Les fondations de la façade du bâtiment sont jetées.

1759
Guillaume II Coustou, le fils de l'auteur des chevaux de Marly, présente ses frontons sculptés du bâtiment oriental.

1765
Le roi ordonne d'aménager un garde-meuble et un hôtel des finances, mais décide trois ans plus tard d'affecter l'ensemble du bâtiment oriental à son Garde-meuble afin d'y abriter les plus beaux objets mobiliers de la Couronne. Certains sont conservés à Versailles, mais sont destinés à un usage privé. Ce Garde-meuble procède donc de la volonté royale d'exposer aux parisiens les plus belles réalisations des manufactures françaises, et donc d'inscrire ce Garde-meuble au cœur de la capitale.

Il alloue un million de livres au projet.

1768
La construction de ce Garde-meuble derrière la façade commence en avril. Elle prend fin le 30 novembre 1774, six mois après la mort de Louis XV.
Les meubles et collections de la Couronne font leur entrée dans ces nouveaux locaux spécialement édifiés et aménagés pour les recevoir. Ils abritent principalement des tapis, tapisseries, étoffes, armes et bijoux. Il s'agissait presque d'un musée, puisque le peuple y était admis tous les premiers mardis de chaque mois, aux beaux jours, entre Pâques et la Toussaint.




De la Révolution à nos jours :
le Ministère puis l'état-major de la Marine

11 juillet 1789
Le prince de Lambesc entreprend de disperser une manifestation populaire sur la place Louis XV pour protester contre le renvoi de Necker. Pour se défendre, certains ont l'idée de se servir des armes exposées au Garde-meuble. Ces armes, des épées et des armures de plusieurs rois de France, dont le sabre de du Guesclin, sont dérobées. Le bâtiment est pillé à plusieurs reprises.

11 - 17 septembre 1792
Une trentaine de cambrioleurs s'introduisent dans la salle des bijoux de la Couronne. Plus de 9 000 gemmes, dont certains diamants très connus comme le Sancy, le Régent ou encore le rubis Côte de Bretagne, ainsi que de l'orfèvrerie disparaissent.

1792
Cette année est très dommageable pour le Garde-meuble, dont les décors souffrent beaucoup. Les fleurs de lys ont été grattées et les L entrelacés remplacés par des motifs décoratifs.


21 janvier 1793
Alors que Monge est ministre de la Marine, la Convention Girondine, puis le gouvernement de la Terreur assistent depuis l'hôtel de la Marine à décapitation de Louis XVI, puis le 16 octobre 1793, à celle de Marie-Antoinette.

1795
Avec la fin de la Terreur, la place acquiert enfin son nom définitif de place de la Concorde en signe d'apaisement. Elle avait successivement été nommée place Louis XV, puis Place de la Révolution. La place avait été le théâtre sanguinaire des pires moments révolutionnaires : sur 2 500 personnes guillotinées à Paris, près de la moitié l'ont été place de la Concorde.

1799
Le ministère de la Marine devient " ministère de la Marine et des Colonies " et cohabite jusqu'en 1806 avec le Garde-meuble, date à laquelle ce dernier évacue l'immeuble.

1814
Les alliés de la coalition contre Napoléon sont victorieux. Une partie de la suite du Tsar Alexandre occupe une aile de l'immeuble, qui conserve cependant sa vocation maritime, grâce à ses décors intérieurs ornés de toiles de Vernet.

26 octobre 1836
Le roi Louis-Philippe assiste depuis la loggia à la mise en place de l'obélisque de Louxor, la statue équestre de Louis XV ayant été démontée et fondue à la fin du siècle précédent.


1848
Victor Schoelcher signe l'acte d'abolition de l'esclavage dans les salons du bâtiment. L'esclavage relevait en effet du ministère de la Marine et des Colonies.

1866

Naopléon III est séduit par le lieu, à l'occasion d'un bal fastueux donné par le ministère de la Marine.



1870
Les salons sont réquisitionnés pour soigner les blessés lors du siège de Paris.

4 juillet 1919
C'est de la loggia que Mme Raymond Poincaré assiste au défilé de la victoire. Celui-ci fait un détour spécial pour longer l'Hôtel de la Marine, et rendre ainsi hommage aux marins qui s'étaient distingués en mer pendant les quatre années de la Grande Guerre.


Seconde Guerre mondiale
Le bâtiment est occupé par la Kriegsmarine. En témoigne encore le salon d'angle, dont les deux volets sont percés pour observer la place de la Concorde et la rue de Rivoli.


Après Guerre
Le Général de Gaulle y installe les premiers bureaux dévolus à l'arme nucléaire : les installations électriques dans le salon des Amiraux en témoignent. Elles sont très perfectionnées pour l'époque.

Le bâtiment retrouve après guerre sa vocation maritime, abritant depuis l'Etat-major de la Marine Nationale.

(Mise à jour : août 2007)