L'Hôtel de la Marine
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Derrière la façade de l'Hôtel de la Marine, deux salons et une galerie retiennent l'attention.

Le salon des Amiraux est situé au premier étage de l'Hôtel de la Marine. Il ouvre par trois portes-fenêtres sur la galerie de la colonnade, face à la place de la Concorde. Il est au centre de la suite des salons de réceptions du bel étage de l'Hôtel, desservis par la galerie dorée longeant la cour et comprenant le salon diplomatique et le salon d'honneur. Ces trois pièces étaient réservées à l'origine à la présentation au public des bronzes et bijoux, des meubles et des armes puis affectées à usage de réception.

Le salon des Amiraux

Le salon d'honneur

La Galerie dorée

Le salon des Amiraux

Le salon des Amiraux est plus petit que le salon d'honneur, et son décor paraît un peu antérieur ; il date probablement des tous débuts du bâtiment. Les portraits de grands marins, Jean Bart, Duquesne, Tourville et Duguay-Trouin dateraient du règne de Louis-Philippe.
Le salon est traité comme une fausse galerie, les portes-fenêtres à glace faisant vis-à-vis aux portes-fenêtres à grands carreaux donnant jusqu'à la colonnade. Les trumeaux décorés par les portraits des amiraux sont soulignés des consoles Napoléon III, à tablettes de marbre blanc de Carrare et pieds dorés. Le sol est revêtu de parquet Versailles posé en diagonale.
Les murs sont traités en symétrie, percés chacun de deux portes à vantaux et à panneaux alternés octogonaux et rectangulaires à décors de trophées. Ces portes sont décorées de médaillons chargés de bustes de profil, accostés de petits angelots tenant des guirlandes de fleurs.

Le plafond est composé de deux compartiments ornés chacun d'une rosace centrale qui recevait des grands lustres et des compartiments ornés de rosaces plus petites se détachant sur fond rouge, recevant les six lustres à cristaux actuels.





La pièce a connu quatre états successifs :

  • À l'origine : Le devis de 1768 précise que " il n'y aura de plafonds et corniches que dans les salons et galeries sur le péristyle au premier étage… ". On peut donc supposer que certains éléments du plafond sont contemporains de cette époque.
    Le parement intérieur du mur du côté péristyle est en pierre, tandis que le mur longeant la galerie de communication est en briques.

  • Le devis de 1774 du peintre Potier décrit la fourniture des tentures en toiles peintes à l'huile, en signalant qu'il a " peint dans les bouts de ladite galerie, entre les pilastres et les colonnes, des panneaux à table renfoncées encadrées de moulures ; plus, dans les grandes parties renfoncées, avoir peint deux grands trophées militaires et dans les autres entrelacs de feuilles de lauriers. (…) Le tout forme une tenture de cent vingt cinq pieds huit pouces de cours ". Ces tentures ont, hélas, disparu.

  • Le projet de Jean Démosthène Dugourc de 1784-1785 montre pour la galerie un décor de fausse architecture appareillée comprenant de fausses niches peintes sur les trumeaux, et une succession de bas-reliefs et d'oculi. Mais, ce décor qui a dû être peint sur des tentures, a lui aussi disparu.

  • L'état impérial : La décision de Napoléon III de transférer le Garde-meuble et de réorganiser les lieux pour le ministère de la Marine entraîne la transformation des salles publiques du garde-meuble en salon d'apparat et de réception.
    Les sondages réalisés montrent que les décors actuels appartiennent, pour la plupart, à cette campagne de travaux datée du Second Empire.

    La distribution des salles est alors revue. La grande galerie est séparée en deux salons. Des communications sont crées dans le mur pour ouvrir des portes vers la galerie dorée en vis-à-vis des portes-fenêtres du péristyle.

  • L'état du salon des amiraux sous la IIIe République ressemble à celui que nous connaissons actuellement. Des photographies de 1911 renseignent sur cette disposition, héritière du dernier remaniement de 1893, lorsque les trumeaux sont peints des portraits des amiraux.

  • Le salon d'honneur

    Le salon d'honneur couvre la première section de la galerie des grands meubles de la couronne. Elle a été ensuite partagée en deux salons dès que les armoires du Garde-meuble ont été retirées de la pièce.

    Cette galerie des grands meubles possédait sept fenêtres sur la loggia auxquelles faisaient face une suite de placards à vantaux sculptés, dans lesquels étaient conservés les plus précieux éléments du mobilier royal de cérémonie. Avant la Révolution Française, les boiseries étaient peintes d'un ton lilas. Il ne reste cependant plus beaucoup de vestiges du décor intérieur du salon d'honneur tel qu'il était au XVIIIe siècle : seuls les vantaux des extrémités, une partie de la corniche du plafond et les acanthes en forme de rosace au dessus des lustres centraux ont subsisté.

    L'état actuel de ce salon remonte en réalité aux dernières années du XIXe siècle. Les six marins représentés en médaillon, Suffren, du Couëdic, Latouche-Tréville, Bougainville, Forbin et La Pérouse, ont été peints en 1893. Quatre lustres illuminaient la pièce, dont seuls deux subsistent aujourd'hui.

    Les jours de bal, les invités se répartissaient selon leur rang dans les salons : seules les personnes ayant le rang d'officier général accédaient au salon suivant, le salon des amiraux, qui était séparé du salon d'honneur par une petite tribune de musiciens.


    La Galerie dorée


    Cette galerie abritait au XVIIIe siècle les bronzes des collections royales, dans des armoires spécialement conçues pour eux. Ils sont aujourd'hui conservés au département des objets d'art du Louvre. Elle était éclairée par de hautes fenêtres au nord, tandis que les portes qui donnaient dans les salons n'existaient pas à l'époque. Elle forme un décor cohérent avec les salons qu'elle distribue, le salon d'honneur, le salon des amiraux et le salon diplomatique.

    Les ors y sont très présents : sous l'Ancien Régime, elle était ornée de consoles peintes en faux marbre de Sienne, de fausses murailles dans les tons pierre. Remaniée sous le Second Empire, elle incarne un style Louis XVI chargé et opulent.




    (Mise à jour : août 2007)